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Bande dessinée

  • May. 15th, 2009 at 6:27 PM
book
                                                           

                             
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Poèmes du matin

  • Apr. 5th, 2009 at 2:28 PM
chat
Où On Ne Va Point

Magie du mensonge & songes trompeurs,
Attrait du mystérieux à la force centrifuge,
Temps abandonné dans la zone inconnue,
Maquillage & sourire dédié au plaisir de plaire…
Là où le retard les conduit, ils ne paraissent plus.
Voyageur couvert de poussière,
Séjourne à l’hôtel déserté
Où languit la forme sensuelle,
Où s’effacent les repères & le sens…
Là où le désespoir les conduit, ils ne paraissent
plus.
Couloir encombré d’endormis,
Où les bouches avalent le néant,
Où l’on marche en maugréant
Vers ce à quoi on ne croit plus…
Là où le noir les conduit, ils ne paraissent plus.
Rieurs aux dents de chiens,
Aux yeux piquant & médisant,
Tuez la perception insolite
En la salissant par l’opinion.
Là où la gloire les conduit, ils ne paraissent plus.
Poète enfoui sous le détriment,
Dont la muse s’amuse comme d’un cerf-volant,
Emprisonne les mots que tu prends au monde
Et crée la vision du dépit amoureux…
Là où l’espoir les conduit, ils ne paraissent plus.
06/07/04 Gr.(cf. TWICE n°26)


Si et Seulement Si

Dans l’entrecroisement de nos chemins se rencontre notre
absence
Car les êtres émus ne s’appartiennent pas, car l’accident est
créateur,
Car la perception est sans objet. Est-elle possible cette
émergence,
De toi sans moi, de moi en toi, sans apitoiement ? En rêveur
Les formes appartiennent au bon vouloir, les mots sont actes,
Rien n’est plus source de frustration, les roses fanent
brusquement
Entre tes doigts si maigres dés la fin du troisième acte.
Oui l’intuition est ineffable, oui j’ai l’air sincère quand je
mens.
Au firmament étincelle le doux visage de la sainte Vierge
Pour ceux dont les yeux n’ont pas peur de ce qui émerveille…
En sautillant à la manière d’un crapaud j’avale les petites
vieilles,
Les étoiles & ton espérance, puis avant de me coucher
j’allume un cierge
En l’honneur de ceux qui ne croient plus en rien, même pas
en leur fin.
C’est sûr il y aurait mieux à faire, personne ne pourrait dire le
contraire…
Les yeux fermés j’attends le matin, pour attendre le soir qui
vient enfin.
Mon impatience est sans limite quand toute seule tu pars vers
la mer.
Délivrez-nous, pardonnez-nous,
Donnez-nous, méfiez-vous !
04/08/03 Gr. (cf. TWICE n° 23)

e Puit Sauvage

Dans la chambre noire
L’eau coule le long des murs
Le couloir est emplie de murmures
Et sur le plancher courent les cafards
Qui cherchent un abris
Sous les lambris pourris.
De grands draps blancs
Cachent la source des épouvantements
Aux égarés avides de larcins.
Elle est là pourtant la grande putain,
Entourée de ses chandeliers argentés
Et de ses grands miroirs dorés.
Elle a faim de la vie des autres
Mais elle n’ose sortir sous le brûlant soleil.
Elle marche vers la cuisine vermeil,
Saisie un long couteau & part à la
recherche d’un apôtre.
La porte a sonné,
Un homme s’est présenté.
Dans la demeure il est entré,
Ensemble ils ont pris le thé…
Sur lui elle s’est couché.
Avec ses draps elle l’a étouffé
Et avec son corps elle s’est satisfaite
Pour devenir encore un peu plus parfaite.
10/11/03 Gr.



Sacerdoce Immuable Pour les Choses
Anodines


Lundi. Chaleur étouffante. Pas de vent. Le
temps est long. Il agonise dans son inutilité,
se morfond dans une suave futilité. Elle rit
quand elle entend ses cris puis plonge ses
mains dans le berceau obscène. Une araignée
a tissé sous ses paupières sa toile, son nom a
lentement coulé dans une mare de sang. Au
bout de fils de soie de noirs crochets pendent
au-dessus d’une tâche brune qui attire les
mouches.
Elle danse fougueusement dans la plaine & la
poussière est son seul voile, ses ongles noirs
s’enfoncent dans sa chair blanche mais aucun
liquide ne sort de cet ange aux ailes ployées.
Il la regarde s’étonner de sa monstrueuse
nature… Dans cette plaine ils sont pourtant
tous gémeaux mais chacun l’ignore. Il finit
son infusion de mandragore, ramasse sa
canne en hêtre avant de disparaître dans la
bouche d’un immense poisson d’or.
Elle voulut le suivre, accourir près de lui,
mais déjà ses pieds avaient fondu, sa chair
immaculée s’immisçait dans les fissures du
sol. Lasse, elle laissa ses cheveux tomber sur
son visage & pensa à ce qu’elle s’était crue
être, à ce qu’il restait d’elle… Semblable à
l’ébauche d’une statue antique, elle resta là
longtemps, très longtemps & arrivée au bord
de l’éternité, elle tomba dans l’abîme.
18/01/02 Gr. (cf. TWICE n°19
& Le Siècle Pleure au Dessus de la Crypte)
Expansion Oppressive

La vie animale des corps qui s’ignorent
Comme un baiser sur le front décharné d’un
mort,
Creuse sous mes pas un noir destin.
Des visages transparents aux regards de satin
Me traversent & se brisent, courent &
s’enlisent
Dans la campagne tumultueuse aux reflets
argentés ;
La paix bienheureuse est maintenant
compromise…
Les rires mécaniques avancent avec régularité
Vers les portes isolatrices du bonheur
contrarié.
La génératrice des mille monstruosités
Engraisse ses rejetons de toute sa passion
Et puise dans nos coeurs une secrète
infection.
Le gant noir écrase ton cri ;
Il va & il vient comme une scie
Dans tes entrailles palpitantes
Pleines d’une douleur suintante.
18/08/03 Gr. (cf. Le Siècle
Pleure au Dessus de la Crypte)



La discorde invisible


Chère soeur, rappelle-moi le chant des anges
Infiniment suspendu dans l’instant…
Tes paroles sont si douces quand tu mens ;
Leur goût est celui du sang. Tout cela est
étrange…
Tout cela se fond dans le prisme de ton
cerveau
Et part comme le fils toujours méconnu ;
Triste famille dont la présence impose le
silence. Nu
Dans sa vérité le chant des anges est la source
du beau,
Nue dans ta chambre ta peau se couvre de
honte
Quand dans mes yeux tu vois le désir qui
monte.
Paupière en rideau de fer, prière pour Notre
Père,
Enfer des âmes, volupté de la chair.
Je demande « pourquoi me fuis-tu ? »
Et tu réponds « pourquoi me voudrais-tu ? »
La matière, la géométrie de ton corps,
Me feront toujours te vouloir encore &
encore,
Comme une friandise que l’on dévore.
Tu m’offres en souriant la boite de Pandore,
Puis t’acharne à savoir le pourquoi du rire
En me fixant des yeux comme le fait la poupée de cire
06/05/03 Gr. (cf.
TWICE n°22)

Sintia

Sintia, aime-moi !
Fait glisser tes mains sur mes bras,
Enveloppe ma langue de ton émoi,
Rend moi lumière, serre moi dans tes bras,
Avale mon désir,
Toi ma soeur, moi ta fille,
Allaite ton enfant, empêche-le de souffrir,
Repose toi sur mon sein, éparpille
Tes baisers sur ma peau
Comme la mer abandonne ses coquillages
Sur le sable brûlant. Les messages des sages
Sont pour nous de lugubres barreaux.
Ah Sintia ! Si tu respirais encore
Je n’embrasserais pas la mort.
La chaleur de mon amour
Te réchauffera bien d’ici le lever du jour.
Tu es si belle ainsi statufiée,
Tu es un temple aux colonnes brisées ;
Ton ombre traverse les salles vides
Que je devine dans tes yeux livides.
Ah mon amour, tu ne réponds pas !
Tes pensées tourbillonnent dans ton crâne
Sans pouvoir s’échapper, petits rats
Oubliés dans leur cage. Tout se fane
Autour de nous ; ta tête chevelue
Est une grosse fleur parfumée.
Je suis de plus en plus émue
Par le sentiment que tu m’aies abandonnée.
Les pas d’un homme résonnent…
Par le carré noir de la fenêtre
Se fait la disparition de mon être.
Minuit sonne.
17/10/03 Gr. (cf. TWICE n°24)
Triste Souvenir

Les vagues polissent ton corps,
Des substances inorganiques glissent
Sur ta peau sans aucun effort
Pour te faire jouir au moment propice.
La lumière traverse comme des lames
Ton organisme si tendre & si fragile ;
On croirait voir sur tes joues des larmes
De toute façon bien inutiles.
Le sang des autres est l’unique source
De ta vie ; c’est vers lui que tu t’élances.
Les regards & les bruits tu les ignores,
Il est si dur pour toi d’accepter ton sort.
Chez toi la nuit est interminable
Et seul son règne te paraît durable.
Tu ne connais ni le repos ni la quiétude,
Tu ne t’en remets pas à Lui, tu as tes certitudes.
Privée de funérailles, tu frémis dans la brume,
Oubliée, tu n’es plus rien pour personne.
Es-tu la coupable de la haine que j’hume,
Ou seulement celle qui la nuit carillonne ?
Les arbres morts obstruent ton passage
Mais tu persévères & fais preuve de courage ;
Dans ton linceul tu erres au milieu des hautes
herbes
En criant à pleins poumons des insultes
acerbes.
03/07/02 Gr.

« Edulcolorant »


Cette morne lassitude où je m’enlise,
Fait fuir la joie & la vertu ;
Et bien loin sont maintenant les marquises
Qui distrayaient mes heures perdues…
Leurs paroles & leurs faces pâles
Etaient aussi lourdement fardées
De charme que d’insouciance fatale.
Dans leurs bras je ne pourrai expirer !
Le jour se lèvera sans moi,
D’autres am
oureux se prendront pour des
rois,
Se pendront en maudissant
Celles qu’ils regrettent en gémissant.
D’autres hommes trahiront,
Vendront & exploiteront
Les reines aux ailes coupées
A la joliesse dévastée & méprisée.
14/11/04 Gr. (cf. TWICE n°26)


Cycle de Transmigrations &
souvenirs sur papier


Dans la direction du vent les
âmes sont portées par leur
légèreté. Crissantes sous mes
pieds les pierres étincellent
comme des flammes
cependant que sur la pierre
froide se brise le cri
rouge ;Le ciel a remplacé tes
yeux bleus & son air est pur,
aussi limpide que ta chair est
friable ; & tes mains si
douces sont fragmentées sur
la terre noire. Maintenant
elles enserrent le monde car
elles ne sont plus rien ; elles
sont l’image de Dieu. Le ciel
est ton miroir & l’eau est ton
sang, la pluie est ton baiser se
posant sur le bec du corbeau
mort, sur le front du vieillard
à la démarche hésitante & sur
les toits des chaumières les
nuits d’hivers. Ton souffle
traverse le monde sans que
nul ne le voit. Tu es
l’immortel vent des âmes.
01/05/04 Gr. (cf. TWICE n°25)
Declinare

Les paroles des vieux,
Leurs regards creux,
Nous concernent tous deux :
Ils ensevelissent tous nos voeux.
Ensorcelante est la litanie
De ces êtres aux dos fléchis ;
Étrange est la sensualité
Émanant de ces esseulés.
Notre estime pour eux
Est à la dérive ;
A nous de suivre
Les chemins tortueux !
La digestion du monde
Est lente & bruyante ;
La danse macabre est séduisante.
Nous attendons que nos corps fondent.
Les jouissances & les peines s’accumulent
Et forment ici & là d’hideux petits
monticules.
Ensemble, nous nous vautrons dedans
En riant ou en serrant les dents.
La serrure est cassée ;
La clef est rouillée ;
Nous sommes seuls & trempés,
C’est hors d’atteinte de notre pensée.
Le vide nous attend,
Le tombeau est vacant,
La vase s’y infiltrera
Pour mieux s’assurer de notre trépas.
27/05/02 Gr. (cf. TWICE
n°20)
Fin

Petite main sur le sol,
Petite main tu es bien seule,
Tu es seule sur ton lit,
Ce lit que tu maudits.
Le lieu de ton crime
Où est ta victoire
Là où il n’y a plus que toi ?
Un triomphe sur le vide,
Du verre brisé sur ton oreiller,
Le baiser glacé du vent nocturne
Calment l’épanchement de la blessure ;
Calme des doux hivers
Qui défilent à l’envers
Sous le regard attentif d’un pervers.
Fragile & cristalline
Tu te recroquevilles en silence.
Petite main coupable
Que fais-tu ici ?
C’est pure fantaisie,
C’est un rêve inutile de plus.
Dans la contemplation l’oubli me gagne,
Il gagne en vrai tricheur
Avec de fausses raisons.
Petite bouche crispée de dégoût,
Tu déformes une bien belle face !
Quand j’ai faim je mange des mains !
20/11/03 Gr. (cf. TWICE
n°24)


L’automate Spirituel

Jour de pluie,
Jour d’ennui ;
Tous mes fruits
Sentent le pourri.
Où est Debby,
Ma tendre amie ?
Sans elle je suis
A l’agonie…
Alors j’écris
Des vers stupides,
Naïfs & insipides
Que personne ne lit.
Le vent glisse sous les portes
En hurlant comme une « revenante ».
Comme des fantômes les sacs plastiques
Font dans la rue une danse frénétique.
La chance accompagne les pas
Des enfants innocents
Tel un serpent
A la recherche de délicieux rats.
L’inquiétude rampe en gémissant
Sur le sol & sur les bouteilles vides ;
Elle rend le noir plus profond
Et donne au vin un goût de citron.

07/06/02 Gr

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Peinture en mouvement

  • Feb. 9th, 2009 at 1:42 PM
smile
 
J’ai eu l’idée de montrer les étapes qui préfigurent une de mes peintures, du point de vu de ma technique. Etant autodidacte, pour la raison principale que j’arrive à représenter ce que je veux sans avoir suivi de cours & pour la raison secondaire qu’apprendre les techniques de la peinture m’ennuie profondément, cet article vise non à l’éducation mais au dévoilement d’une pratique (sachant que toute pratique est singulière).

Pour diluer la peinture à l’huile, j’utilisais de la térébenthine pure ; cependant son odeur incommodante me l’a fait remplacer par de l’huile de lin pure. Avec l’huile, la texture de la couleur est plus grâce, elle s’étale moins vite sur la toile qu’avec la térébenthine & est plus onctueuse.
Avant de commencer, il me faut une idée, tirée d’un peu n’importe où dans ma tête & souvent de mes anciens dessins.
J’utilise rarement plus de trois pinceaux pour faire une peinture. Le premier, très large & carré, me sert à poser uniformément la couleur de fond sur la toile. Ceci fait –c’est assez rapide-, pause de quelques semaines pour séchage sur le radiateur [étape 1].
Avec un pinceau moyen & rond, je rempli les figures principales délimitées par des coups de crayon de papier ou des coups de pinceau. La couleur de fond des figures doit simplement être différente de celle du fond. Je pose les reliefs principaux des figures avec une couleur plus foncée, puis pause de quelques semaines & séchage [étape 2].
Ensuite il suffit de faire les ombres, peaufiner les détails, enlever les bavures, etc. avec un pinceau fin, signature & encore séchage avant vernissage [étape 3]. L’intérêt de laisser sécher entre les couches est de pouvoir retoucher sans mélanger les couches & les couleurs, c’est plus facile ; cependant il est parfois utile de pouvoir les mélanger pour accomplir certains effets de fondu ou autre.

Gr. 
         

La Mariée & l'Epouvantail (1) -fable

  • Jan. 12th, 2009 at 6:55 PM
marriée
La grande poésie appartient plus aux peuples encore barbares qu'aux peuples instruits et civilisés. Des hommes sauvages, dont l'âme, toute au dehors, n'est ébranlée que par des objets physiques et dont l'imagination est toujours frappée des grands tableaux de la Nature; des hommes dont les passions ne sont tempérées ni par l'éducation ni par les lois et doivent conserver tout leur impétuosité, toute leur énergie; des hommes, dont l'esprit, n'ayant que peu d'idées abstraites et point de termes pour les rendre, est forcé de recourir aux images matérielles pour rendre leurs pensées: de tels hommes paraissent plus propres à parler le langage de l'imagination et des passions.

DIDEROT Denis, Journal étranger, 1761 in BERARD Victor, L'Odysdée, Tome I préface- Le voyage de Télémaque, Paris, "Les Belles Lettres", 1925, p. 15



Acte I : Derrière la porte.
Scène 1 : Prophétie autocréatrice


Dans les yeux d’Anna Freub se reflétaient les cimes des sapins majestueux qui entouraient la demeure ; les clefs cliquetaient dans les mains méticuleuses de son mari Nestor & quand il eut ouvert la porte principale, Cristelle, leur fille, s’engouffra dans l’entrée en poussant un cri strident.

 
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La Mariée & l'Epouvantail (2) -fable

  • Sep. 27th, 2008 at 4:10 PM
marriée
Acte III : Les mains terreuses.
Scène 1 : Manducation

Cristelle, étourdie, essayait de prendre la mesure de la situation. Devant elle, la vierge gisait inanimée & la Bête agitait une dernière fois ses tentacules en fouettant l’air avant de s’enfoncer dans la terre telle une araignée rentrant dans son antre. Les Veuves de la Nuit sortirent leurs dagues d’un air menaçant en criant au sacrilège. Une grande angoisse s’empara de la jeune profanatrice.


 
Acte I : Derrière la porte
Scène 1 : Prophétie autocréatrice
Scène 2 : Baptême de l’Épouvantail
Scène 3 : Attraction et répulsion

Acte II : La Bête
Scène 1 : Évocation de la disparition
Scène 2 : L’antichambre du purgatoire
Scène 3 : Effondrement

Acte III : Les mains terreuses
Scène 1 : Manducation
Scène 2 : Abyssus abyssum invocat
Scène 3 : Le mariage

Acte IV : Le bal des poupées
Scène 1 : Fatidique
Scène 2 : Larvaire
Scène 3 : La mort du scatophile

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Le Grand Cerf Mort -fable

  • Jun. 25th, 2008 at 7:01 PM
rayures
« On dirait des loups carnassiers, l’âme pleine d’une vaillance prodigieuse, qui, dans la montagne, déchirent, puis dévorent un grand cerf ramé. Leurs bajoues à tous sont rouges de sang ; alors ils s’en vont en bande laper de leurs langues minces la surface de l’eau noire qui jaillit d’une source sombre, tout en crachant le sang du meurtre – ventre oppressé, mais cœur toujours intrépide dans la poitrine. »
MAZON Paul, Homère Iliade, Tome III, Paris, Société d’édition « Les Belles Lettres », 1949, p. 105 (HOMERE, Iliade, chant XVI, v. 155-165).

 

 
Partie I: GERMINATION

I. A la lisière des murmures

Le chemin blanc sert de bornage entre la vie normale de deux familles de classe moyenne & la vie précaire, lente & molle des gens en sursit. Je suis du bon côté de la barrière, & j’aime la vue offerte par la baie vitrée, par laquelle mes yeux peuvent s’étendre sur le champ verdoyant, dont un rideau de sapins ferme l’horizon. Le soir le soleil y disparaît, le matin un voile de brume flotte avec hésitation sur la végétation, avant de s’estomper, pour laisser de nouveau place à une de ces belles journées dont ma mère se félicite. Je ne doute pas que Phébus brille aussi de l’autre coté de la démarcation, mais sans doute a t-il moins d’éclat, car les yeux qui le voient y sont plus ternes & l’engouement pour les belles choses y est comme étouffé, enterré. Le matin, mon père part vers l’usine plantée de l’autre coté de la colline ; les pneus soulèvent un cumulus immaculé, alors que dans mon café le sucre disparaît, lui aussi. Pendant que je me cherche une occupation, il contrôle le bon fonctionnement des machines, qui accouchent de prothèses, destinées aux victimes de la guerre encore lointaine pour nous.
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Le Grand Cerf Mort -2-

  • Jun. 25th, 2008 at 6:52 PM
rayures
     
Partie III: FANAGE

I. La fantaisie de l’éléphantiasique
Sonnerie de réveil. Dans la brouillasse défile mon activité matinale, ponctuée de gestes anodins & de courtes paroles. Dehors, une morne tranquillité étend ses bras invisibles, comme pour nous étouffer ; la puanteur insupportable fait remonter à ma gorge mon déjeuner. L’odeur de la mort imprègne les vêtements, la nourriture, la vie elle-même. Le voisin est parti travailler à la manufacture, laissant sa femme seule, dans son sarcophage cotonneux. Je décide de rendre visite à la mère éplorée & frappe cinq petits coups rapides à sa porte. Une voix rauque se fait entendre ; j’entre. La décoration intérieure, terne & sans originalité, ne vaut pas la peine que je m’attarde à en faire la description. Des esquisses infantiles parsèment encore le linoléum, alors que crachote une radio fatiguée, embellie par la broderie élégante d’un arthropode inspiré. Suivant un étroit couloir émaillé de portraits de famille, je m’engouffre dans la chambre de la fameuse adipeuse. Il faut avouer mon choc à la vision horrifique de ce qu’il est malaisé d’appeler une femme. Au début, il m’a semblé voir un champignon colossal ; puis elle s’est tournée lentement, jusqu'à ce que ses yeux falots se posent sur ma personne. Je ne doute pas que certains puissent trouver de la félicité dans l’obésité & moi-même j’y ai est parfois songer, mais le phénomène particulier dont il est ici question relève, sans ambiguïté, de la difformité. Il est possible que mon jeune âge renforce cette impression, d’autant plus que la vision d’un corps féminin entièrement nu m’est une expérience inédite. Novice dans les plaisirs charnels, mon âme craintive ne s’est pas encore précipitée dans ce trompe l’oeil qu’est la sexualité, monde peuplé de sirènes où l’on ne trouve que soi-même.
L’épouse lève sa main mafflue & recouvre d’un linge une partie de son anatomie ; Un amoncellement d’emballage & de boîtes de conserves entourent le lit affaissé, barrant ma route & m’empêchant de distinguer clairement la forme mouvante. Elle me demande ce que je fais là ; je lui réponds que je n’en sais rien, au juste.
_ C’est rare qu’on me rende visite, confie t-elle, cafardeuse.


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Journal de bord

  • May. 3rd, 2008 at 10:16 PM
pigeon
Brocantes Free Hit Counter
HTML Hit Counter Samedi 03 mai

J’aurais bien voulu sortir aujourd’hui, mais je n’avais nulle part où aller et personne à aller voir. Alors que le soleil effeuillait les jeunes femmes, j’errais comme une ombre dans mon appartement sombre.

Mardi 06 mai

La foule, composée de bouches aussi nombreuses que les gouttes de sueur qui coulaient sur ma peau, allait par vagues gripper la fureur mécanique des automobiles ; et par là je passais, mais à mon retour la marée des hommes n’avait laissé place qu’à l’habitude.

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book
Partie I
 Les acariâtres

Mardi 18 h 43
En mangeant du pain sec, j’écris l’histoire de Monsieur Saussure . Monsieur Saussure vit dans un petit appartement au plancher vermoulu ; il lit le journal & laisse la télévision s’égosiller & proclamer sa rayonnante inutilité. De lourds rideaux verts cachent le ciel blanc, des mouchoirs sont empilés sur le guéridon, une mouche trace des signes magiques autour d’une ampoule de soixante watts, un vieux robinet  égraine ses gouttes avec regret.

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Qui suis-je ?

  • Feb. 4th, 2008 at 6:30 PM
masques
J’ai une forme relativement classique – surtout pour un humain - et un esprit plus simple que mon comportement peut le laisser penser. Je n'ai pas spécialement de personnalité, enfin je l'espère. J’ai fait quatre années de sociologie et un M1 philosophie. Je vis en écornifleur depuis deux ans chez une demoiselle, j’aime passer du temps à créer des illusions, à errer tel un vieux journal dans les rues entremêlées des villes de province et enfin je dors d’une manière abusive. Voilà ce que l’on peut dire de raisonnable à mon sujet.

(Prière de me demander mon avis si vous voulez vous servir de ce qu'il y a de visible et de lisible dans ce blog - production Gr. ; les corps photographiés sont ceux de personnes majeures et consentantes ; voici les surnoms que je leur ai trouvés: Gr., Pitchoune deuxième du nom, D€bby, M. la Maudite et Lolly-pop). Toutes les photos présentes dans ce blog sont de moi (Gr.)
Et vous pouvez poster des commentaires & vos critiques sur ma production, si votre plume n'est pas totalement sèche
{mail: pipinouils arobaz hotmail.fr}
                                            
                            
                                                                                          
                                                 Une soirée TV comme les autres...

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Orane64 -fable

  • Jan. 11th, 2008 at 12:35 AM
fille
Un petit bout de papier
_ Suis-je morte pour que vous fleurissiez ma chambre comme on fleurit une tombe ?
_ Ce sont mes jours qui s’épanouissent quand sur vos lèvres un sourire se glisse.
_ Est-ce là une façon de suborner ma tendre personne ? Ma figure marbrée & violacée devrait repousser vos élans d’adolescents !
_ Pétrifié par votre charme je ne sais comment m’en extirper ; mes rêves virevoltent dans l’éther auprès de nymphes aux étincelantes chevelures.
_ Des rêves ! Bêtises que tout cela ! Je ne suis pas un fantasme, si ce n’est pour vous. Tant que votre lactescence n’aura pas coulé sur ma langue vous épancherez ce flot verbal jusqu'à m’en rendre nauséeuse. Cependant je vous apprécie, même si mes paroles sont souvent rudes à votre égard.
_ Est-ce là une manière de montrer votre possessivité ?
_ C’est simplement une indifférence que vous transformez en accoutumance. Maintenant, Poustille, laissez-moi, j’ai à faire.

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l'encre de tes yeux

  • Dec. 12th, 2007 at 6:45 PM
chat
Voici quelques-uns des mes dessins et peintures [GR.]
Expositions: 16 février/16 mars 2008- Aset Galerie d'art -61, Rue Cathédrale
03 juin/03 juillet 2008- Librairie Universitaire -
70, rue Gambetta 86000 Poitiers
>> Click on pictures to enlarge

Technique mixte sur papier Canson
    
  
  
     
  
     
        
  
  
     
  
     
  
  
  
  
  
  
 
  
  
  
  
  
      


ci-dessous: Huile sur toile
  
  "Reliques fusionnelles" (70 x 90 cm)              "Le spermaphyte" (70 x 90 cm)        
  
"Celui qui n'était plus" (70 x 90 cm)                                "Le débarras" (50 x 70 cm)
  
"L'ombre rouge de la révolution" (70 x 90 cm)                 "Raphaelle" (30 x 40 cm)
  
"Intempéries" (50 x 60 cm, vendu)                         "Artefact (24 x 30 cm)
  
"Pathognomonique" (24 x 30 cm)   "La bruine de Pauline" (24 x 30cm)
  
"Les amants retrouvés" (50 x 40 cm)                                     "La fleur de l'âge" (50 x 40 cm)

"Sur les sueurs de l'orage" (70 x 50 cm)

"La mêlée d'Arès" (70 x 50 cm)
  
"Ma virginité n'est pas encore là" (50 x 60 cm)     "Prisonnière de mes songes" (70 x 90 cm)

"Le ressouvenir" (70 x 50 cm)

Personnalisation de mobilier [Ge.] [Gr.] & sculptures bois [J.M.r]
    
 
  
                              ordinateur
  
  

mon caddie personnalisé

kaléidoscopique

  • Nov. 29th, 2007 at 2:38 PM
kaléidos
 Les rêves de Sapho
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bottes

[Gr.]

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le souvenir

visage  

   

  

d�pouille

  

an�antissement  

  

  le fant�me


stagnant  

   













  


  





 

Paysage urbain.

  • Nov. 24th, 2007 at 7:43 PM
smile
Voici mes photographies [GR.] de paysages de Poitiers et de Cognac.
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(Mon appareil photo: SAMSUNG Digimax L80: 8.1 mega pixels, 5x optical zoom Schneider-Kreuznach Varioplan zoom 7.8-39 mm, Optional HDMI, mémoire flash 2 Go + 20 Mo soudée)
Logiciels: Abobe Photoshop 7.0 et PhotoFiltre Studio

les chemins interdits